Cette année, on a décidé de se lancer dans la permaculture. Oh, pas à fond car on n’est pas propriétaires du potager qu’on exploite et on ne peut donc pas y faire ce qu’on veut. C’est un terrain qu’on nous “prête” et c’est une grande chance de pouvoir y passer du temps. Si on a décidé de mettre en application quelques grands principes de la permaculture, c’est parce que l’an dernier, la canicule n’aidant pas, on n’a pas eu une bonne récolte de légumes. Il faisait beaucoup trop sec et on a pas suivi avec l’arrosage.

Et puis, il y a une réflexion derrière ce choix : la forme d’exploitation qui se prête le mieux à nos valeurs et convictions, c’est la permaculture. Elle permet d’avoir un potager nettement plus productif et respectueux de l’environnement. Et, cela va sans dire, on utilise aucun pesticide et on s’appuie plutôt sur les écosystèmes naturels. Je me suis donc documentée, j’ai pris des notes, et voici ce qu’on a choisi de retenir pour se lancer dans la permaculture.

Grande consoude, plante mellifère et engrais naturel

Fraisiers et bordure en briques

La base en permaculture : pailler, mulcher… moins arroser son potager

Le premier grand principe de la permaculture qui m’a séduite, c’est le mulch ou le paillage. Il existe plusieurs écoles pour le recouvrement du sol, qu’on va rendre “vivant”. Ce qu’il faut retenir, c’est que la terre est comme la peau : exposée au soleil, au vent et à la pluie, une croûte se forme et la terre n’absorbe plus bien l’eau (qui s’écoule). De plus, le soleil va “griller” les micro-organismes présents en surface. C’est ce qui s’est produit l’été passé pour nous : canicule, vacances, réserves d’eau de pluie insuffisantes et pas envie de gaspiller l’eau courante.

Couvrir le sol va permettre plusieurs choses : le protéger du soleil, le nourrir grâce aux micro-organismes présents dans tout ce qui va recouvrir le potager, mais aussi en-dessous, empêcher la pousse des adventices (les “mauvaises herbes”), et enfin, de conserver l’humidité. C’est un point essentiel car les experts en permaculture s’accordent à dire qu’un bon paillage vaut 10 arrosages ! Une couche d’au moins 10 centimètres de mulch peut même permettre de ne pas arroser du tout en été tant cette couche conserve fraîcheur et humidité.

Rectangle recouvert de mulch

Le mulch va donc se composer d’une couche épaisse d’éléments organiques qui vont nourrir le sol en se décomposant au fil du temps. Ici, on a commencé à mulcher une partie du potager à l’automne dernier. On a utilisé pas mal d’éléments naturellement présents au jardin comme des feuilles ramassées, de l’herbe tondue ou encore des “déchets” du potager. J’ai notamment mis de la grande consoude fanée (engrais naturel) et tous les restes des plants de courges, potirons, etc.

Le plus compliqué, c’est cette 1e couche, qui doit être épaisse. Après, on  ajoute au fur et à mesure nos “restes” organiques. Toutes les “mauvaises herbes” arrachées et non grainées peuvent être utilisées, de même que les tailles d’arbustes, feuilles, écorces, engrais verts, ou encore de la paille. Objectif : recouvrir le sol pour garder l’humidité et le protéger du soleil.

Ce qu’on a observé après l’hiver, c’est que la couche de paillage avait bien diminué. Il faut dire que nos poules ont couru au potager tout l’hiver et ont pas mal mangé et éparpillé notre mulch. Pas grave, on va remettre tout ça en place au fil des semaines.

Diviser le potager en “planches” de permaculture

Certains utilisent des buttes de permaculture pour cultiver, mais d’après ce que j’ai pu lire, tout le monde n’est pas d’accord sur cette technique. Ici, comme nous ne sommes pas propriétaires de la parcelle, on ne peut pas trop modifier la typologie des lieux, on a donc choisi d’opter pour les planches de culture.

Il s’agit de parcelles pas trop larges, qui vont être délimitées par des planches. L’idée est de pouvoir accéder à ses plantations sans piétiner le sol, que l’on veut vivant. On a donc imaginé 4 rectangles de 4 mètres de long et 1,20 mètre de large. Entre chaque rectangle, on laisse un chemin de 40 cm de large de sorte à pouvoir accéder aux planches de chaque côté.

Pour fabriquer ces planches, dans la logique de la permaculture, on doit utiliser ce qu’on a sous la main, privilégiant le recyclage aux nouveaux achats. Jute avant le confinement, j’avais acheté quelques planches, mais à peine de quoi concevoir 2 rectangles. On a donc rebondi en délimitant les 2 autres avec des briques trouvées sur le terrain.

Planches en briques

Bien délimiter les 4 planches, nettoyer le sol et tout pailler, ça nous a déjà pas mal occupé durant ces premiers week-ends de beau temps. On a décidé d’un garder un non-paillé, parce que ce sera sans doute plus simple pour tout ce qui doit être semé directement en place.

Potager en permaculture : plan d’attaque, semis et compagnonnage

Dans ce fameux rectangle non-paillé, j’ai déjà semé en place des carottes et du céleri.

Carottes et céleri directement semés en place

Des fraisiers ont également été plantés les années précédentes dans la planche voisine. Ils ont extrêmement bien donné l’an dernier. Il faut dire que j’avais testé le paillage à leur pied en disposant du mulch en sac que j’avais acheté pour expérimenter la méthode. Ça a contribué à nous convaincre des bienfaits d’un bon paillage du sol !

Fraisiers plantés il y a 2 ou 3 ans

Des bettes ont également passé l’hiver. J’ai coupé toutes les feuilles, qui étaient très abîmées, et elles repartent !

Bettes, aussi appelées blettes en France

Pour le reste, je vais tenter d’associer des légumes qui vont bien entre eux (compagnonnage). Il faut, du coup, être beaucoup plus organisé sur papier. Tout ce que je plante et/ou sème est répertorié, j’ai dessiné un plan du potager et décidé ce qui devait aller où, en fonction des “affinités” entre les légumes. Pour les connaître, je me suis basée sur cette fiche bien détaillée.

Plan du potager 2020

Je ne vous cache pas que je fais de nombreuses expériences cette année. On veut occuper le potager et produire un max de légumes. Planter des aubergines pour en avoir une ou deux, ça ne vaut pas le coup. En revanche, des courgettes, on sait que ça pousse bien donc on a semé plein de variétés. Hors de question d’acheter ce genre de légume au mois de juillet, on veut pouvoir aller se servir. On veut un potager abondant, et que tout l’espace soit occupé. J’ai fait des semis de chou frisé, de pois, de laitues, en plus de toutes les courges et des tomates qui se portent vraiment très bien. J’ai rarement eu d’aussi beaux plants de tomates mi-avril ! Certains iront dans le potager, mais d’autres resteront en pots, dans la cour. 

Plants de tomates semés en février ou mars

Plants de laitue et de pois mangetout

Semis de laitue et pois mangetout

J’espère que ces quelques infos permaculture vont vous aider. Pour nous, c’est une première donc s’il y a des pros dans la salle qui veulent nous conseiller, n’hésitez pas !

Et chez vous le potager ça se passe comment ? N’hésitez pas à me laisser vos commentaires sur les réseaux sociaux : Facebook et Instagram.