J’avais commencé à vous parler de consommation responsable et de développement durable dans un premier article, consacré à la rentrée de classes. Aujourd’hui, j’ai envie d’évoquer un autre angle, directement lié à ce blog puisque je vais vous parler de décoration durable. Comme pour le cartable, loin de moi l’idée de prétendre être un modèle en la matière, je veux surtout partager le fruit de ma réflexion, de mes actions, et cela va peut-être sensibiliser certains.

Stop à la surconsommation

Certains sont accros à la mode, aux chaussures, ou aux sacs à main… J’avoue que longtemps, je me suis achetée des objets de déco de manière un peu excessive. Les housses de coussins, sets de tables et photophores inondaient mes armoires. Je ne pouvais pas m’empêcher d’acheter plein de petits “brols” chez Ikea, Casa, Hema… Sauf qu’à un moment, je me suis demandée si on était obligé d’être forcément accro à un truc. Si on devait à tout prix surconsommer de cette façon. Déjà, je n’ai jamais été fan de shopping. Et c’est un gros avantage : je suis moins facilement tentée. Autre argument : je n’ai pas le temps. Passer une après-midi dans un shopping ou une rue commerçante, je déteste ça. Je n’y vais que quand c’est ultra nécessaire.

Cette non-passion pour le shopping fait donc que mes achats sont plus réfléchis. Je me pose la question : est-ce que j’en ai vraiment besoin/envie ? Ou est-ce qu’il s’agit juste d’une pulsion que j’ai envie d’assouvir ? Et là, on entre dans une autre dimension…

Photo: monatelierdeco

La déco pas chère ou le cas Action

Exemple typique de l’endroit où tu achètes des trucs dont tu n’as pas besoin, mais tu t’en fous parce que c’est pas cher : Action. Oui mais… Les objets de décoration vendus dans ce genre de magasins, c’est souvent éphémère, de par la qualité très médiocre des produits, mais aussi du fait qu’ils surfent sur les modes, et donc on va se lasser et on va très vite remplacer son achat par un autre. J’en ai fait l’amère expérience récemment, à 2 reprises. La 1e chez Ikea où j’ai acheté un petit tapis pas cher (une vingtaine d’euros), écru avec des lignes noires. Écru c’est salissant, donc j’ai voulu le nettoyer. J’ai toujours lavé mes tapis Ikea à la machine, programme délicat, et ça n’a jamais posé problème. Là oui. Il est fichu, devenu complètement jaune avec des grandes traces grises… Horrible.

Autre achat compulsif “parce que c’était joli et pas cher” : un coussin “tissé” chez Action. Comme il était emballé sous vide (et bam les déchets plastiques !), je me suis fiée au modèle d’expo. Et quand je l’ai déballé à la maison, je me suis rendue compte que les finitions étaient désastreuses au niveau de la tirette et des coutures. Et puis, ce coussin n’a même pas la vraie forme d’un coussin, il est cabossé de partout. Honteux de tromper les gens sur la marchandise de cette façon. J’ai tagué les magasins Action dans ma story Insta, ils m’ont évidemment dit de le ramener. Sauf que: il va finir où ce coussin mal fini ?

La production de déchets démesurée

Et où va finir le tapis Ikea foutu ? Si le coussin Action est utilisable même s’il n’est pas bien fini, je vais devoir me résoudre à mettre ce tapis à la poubelle ou au parc à containers. Ça me gêne… Tout comme ça me met mal à l’aide de voir tous ces emballages en plastique qui entourent ces objets de décoration qu’on achète parfois sans réfléchir. Voilà, je ne m’étends pas sur ce point mais la question de l’énorme production de déchets se pose dans cette réflexion autour de la déco durable.

Le non-respect des petits créateurs

Je suis beaucoup despetites créatrices sur Instagram. Des filles qui tentent de vivre de leur art, de se faire une place, de remplir leur frigo en faisant ce qu’elles aiment. Et puis un jour, elles découvrent qu’une grande enseigne copie leur produit en le faisant fabriquer en Chine dans je ne sais quelles conditions. Et les consommateurs préfèrent acheter ledit produit à 10 balles chez Bazar Bidule plutôt qu’à 50 ou 60 chez celle qui y a passé des heures, de la conception à la réalisation d’un produit unique. Mais les consommateurs en question ne connaissent peut-être même pas ce créateur.

Pas plus tard que cette semaine, sur Instagran, une de celle que je suis depuis peu s’est rendue compte qu’elle était copiée. Le site revendeur a très bien réagi mais c’est loin d’être toujours le cas ! Il y a des exemple par dizaines. En continuant d’acheter dans certaines grandes enseignes (pas toutes), non seulement on n’encourage pas les petits créateurs, mais en plus, on va se retrouver avec des intérieurs de plus en plus standardisés. Alors que contribuer faire vivre une créatrice, cela permet d’avoir un objet unique chez soi, et cela rejoint la démarche durable, responsable, et éthique.

Dernier tissage By mon atelier deco

Photo: monatelierdeco

Comment agir ?

Penser à la durabilité d’un produit

Évidemment, je n’appelle pas au boycott des magasins de déco à petit prix, je reste une amoureuse des beaux intérieurs et des beaux objets. Je parle d’Ikea là, pas d’Action évidemment. D’autre part, je pars du principe que tout le monde ne peut pas se payer des objets de créateurs, tout le monde ne peut pas mettre 1.000 euros dans une table de salle à manger, ni même 100 euros dans une belle lampe. Mais on peut facilement penser “durable” en choisissant des meubles. Exemple avec la chambre des enfants. La chambre bébé a servi à Basile, puis à Camille, et aujourd’hui, elle rend heureux un autre bébé puisque nous l’avons offerte à des amis qui ont eu un enfant il y a quelques mois. J’aime l’idée que des meubles puissent reservir, c’est pour cela que nous avions choisi des meubles en bois, plus durables.

Il en est de même pour les meubles actuels. On a tout acheté chez Ikea, en blanc, intemporel. Cela permet de faire passer les meubles d’une chambre à l’autre en fonction des besoins. Quand on a aménagé la chambre de Basile dans le grenier, Camille a récupéré sa garde-robe et lui un 2e bloc tiroir de chez sa sœur. Ces meubles peuvent grandir avec eux… Après, on donne du style à la pièce en accessoirisant.

Récupérer, chiner, créer…

Cela va de soi, lorsqu’on veut penser déco durable et qu’on aime chiner, on dégote parfois des jolis meubles et objets à qui on donne une seconde vie. Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux le savent : j’ai réussi à me concocter un service Boch La Louvière de la collection Copenhague en seulement quelques mois. On l’utilise au quotidien… Il en va de même pour certains meubles vintage à la maison, et également les chaises de la salle à manger. Et c’est sans compter tout ce qui se fabrique de nos mains : cela va du petit bureau poncé et repeint aux éléments en macramés et tissages qui font la déco à la maison. Dans la chambre de Camille, son petit bureau a été fabriqué avec une planche de desserte récup’ et des pieds Ripaton…. Des exemples, j’en ai plein ! Et puis, il y a la satisfaction de l’avoir créé soi-même, ou de l’avoir déniché et marchandé dans une brocante.

Photo: monatelierdeco

Se faire plaisir intelligemment

Réfléchir ses achats, récupérer, créer, cela n’empêche pas d’acheter aussi des pièces déco neuves, et tout assembler joliment. Exemple : les étagères String Pocket. Ici, il y en a 2, une dans la chambre et une dans le salon. Certes, ça a son coût mais mais c’est vraiment un achat durable. C’est une jolie pièce dans sa déco. Idem pour ces paniers qui décorent mon salon : ce ne sont pas des paniers à 3 euros chez Action et ça se voit. Ce sont des paniers fabriqués à la main et dans le respect de celui qui les conçoit. Je suis consciente qu’on ne peut pas tout acheter comme ça, car cela a son prix, mais l’effort en vaut la chandelle. Consommer mieux implique de consommer moins, en réfléchissant davantage. Dès lors, l’économie que tu fais en consommant moins, c’est de l’argent que tu peux mettre dans un beau produit artisanal ou design.

C’est le même principe que la mode : au lieu de t’acheter 10 pulls à 30 balles chez H&M sur ton hiver, achète t’en 2 beaux, en pure laine plutôt qu’en acrylique par exemple. Ils coûtent plus cher, certes, mais si tu peux connaître la provenance et les conditions de fabrication… Et pour la déco, c’est pareil : mes 3 petites paniers à 15 balles, ils ont contribué à rémunérer un artisan, ils ne ressemblent pas à ceux qu’on voit chez tout le monde, et ils sont super pratiques. Quant à cette tête de zèbre, elle a été fabriquée avec d’anciens livres en Haïti, équitablement.

Photo: monatelierdeco

Haro sur la déco jetable

À force de faire gaffe à ce qu’on consomme, on devient un peu dingue quand on voit comment d’autres se fichent complètement de la quantité de déchets que nous produisons. Perso, je suis malade quand je vais chez Mc Do rien que de voir les plateaux de déchets (non triés bien sûr). En déco, c’est pareil. Est-on vraiment obligés de servir le gâteau d’anniversaire de nos têtes blondes sur des assiettes en carton ? Est-on forcés de mettre des guirlandes jetables partout, user des dizaines de serviettes en papier et utiliser 28 gobelets ? Ne me répondez pas : “c’est pas grave, c’est du carton”. Si c’est grave, car pour recycler ce carton, on va utiliser des litres d’eau, et parce que pour les fabriquer on a utilisé de l’encre et des produits bien dégueulasses. Alors que 12 petites assiettes et 12 petits gobelets, dans un lave-vaisselle, c’est pas la mer à boire.

Ici, on a les gobelets en mélamine de chez Rice : c’est fun des gobelets colorés pour un anniv, et même au quotidien, c’est pratique. C’est dans ce sens qu’ira mon prochain achat durable déco : des jolies serviettes en tissu, lavables, et réutilisables. Je vide mon stock de serviettes en papier et puis c’est terminé.

Le mot de la fin

Je suis bien consciente qu’on ne peut pas agir à tous les niveaux et pour tout. Penser à la fois écologie, provenance, conditions de fabrication, tout en respectant un budget, ce n’est pas aisé. Mais rien qu’en se posant la question : est-ce qu’il n’y a pas une alternative à tel achat, tel produit, on arrive à faire des petits miracles. Vous savez ce qu’ont dit : les petits ruisseaux font les grandes rivières. J’en suis persuadée. Et vous ?